À titre posthume, Séraphie Duguay de Lamèque est honorée

Publié le : 9 mars 2011

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(Lamèque, 8 mars 2011; 21h02)  Pour une deuxième année consécutive, le Réseau des femmes d’affaires francophones du Canada (RFAFC) à dévoilé aujourd’hui le nom des trois gagnantes qui ont été honorées et inscrites au Tableau d’honneur de l’organisation.

 

Elles sont Mme Anne E. Bertrand, c.r., Commissaire à l’accès à l’information et à la protection de la vie privée pour la province du Nouveau-Brunswick;

Mme Isabelle Hudon, Présidente de la Financière Sun Life pour le Québec et Mme Louise Imbeault, Directrice de Radio-Canada Acadie.

 

Par ailleurs, le RFAFC inscrit à titre posthume le nom de la pionnière du mouvement coopératif acadien, Séraphie Duguay, à son Tableau d’honneur. Enseignante de carrière et mère de 10 enfants, Mme Duguay fut la première femme à recevoir l’Ordre du mérite coopératif acadien en 1962.

 

Le Tableau d’honneur vise à reconnaître des femmes qui ont tracé la voie ou brisé les barrières traditionnelles dans le domaine des affaires ou dans leur profession, la contribution qu’elles ont faite envers l’avancement de leur communauté, région, province ou pays ainsi que la manière dont elles ont fait preuve de vision et de leadership exceptionnel. Ces reconnaissances seront annoncées publiquement chaque année le 8 mars à l’occasion de la journée internationale de la femme.

 

« Les femmes occupent une place très importante dans le milieu des affaires et contribuent largement aux succès et au développement de notre économie et de nos communautés. Dans le passé, aucune activité de cette envergure s’adressant aux femmes francophones n’avait eu lieu à l’échelle nationale et nous tenions à souligner les succès de ces femmes de pouvoir. C’est avec grand plaisir que nous dévoilons pour une deuxième année consécutive, le Tableau d’honneur. », de dire Anne Hébert, présidente du comité directeur du RFAFC et directrice générale du Conseil économique du Nouveau- Brunswick.

 

Le Réseau des femmes d’affaires francophones du Canada a pour objectif d’offrir aux femmes d’affaires une plateforme qui favorise les rencontres, le partage de renseignements, la promotion de produits et services ainsi que des stratégies gagnantes pour rehausser l’expertise et par le fait même, l’essor économique des femmes d’affaires. Vu l’immensité du pays, les membres fondatrices ont décidé de harnacher le pouvoir de la technologie et ont opté pour la création d’un réseau virtuel. Cela leur permet d'accroître les liens, d'élaborer de nouveaux partenariats d'affaires en plus de partager des informations et d'avoir accès à des occasions d'affaires partout au pays.

 

Biographies

 

Séraphie Duguay

Pionnière du mouvement coopératif acadien, Séraphie Duguay, née le 21 juillet 1913, fit ses études au Couvent Jésus-Marie de Lamèque, à l’Académie Sainte-Famille de Tracadie puis à la « Provincial Normal School » de Fredericton au Nouveau-Brunswick. Enseignante de profession, elle enseigna pendant une trentaine d’années et fut la première institutrice d’Allardville.

 

« Je suis arrivée à Allardville au début septembre 1935 pour devenir la première institutrice… À mon arrivée il n’y avait pas d’école, mais les colons se mirent tout de suite à l’oeuvre. En attendant j’ai enseigné dans la chapelle… Lorsque je suis entrée avec mes quelques 30 bons élèves dans la nouvelle école, elle possédait une vieille fournaise qui nous fournissait plus de fumée que de chaleur à l’intérieur.

 

Je pourrais parler des colons, qui arrivaient de partout, qui s’en allaient ouvrir les chemins et le soir, mort de fatigue, devaient mendier à coucher partout… J’ai été témoin de bien des misères… »1

 

Elle épouse Eustache Duguay en 1934 et ils eurent 10 enfants. Toujours disponible et consciente de ses responsabilités, Madame Duguay saura allier son rôle d’épouse et de mère à celui d’institutrice et celui de son engagement social. En 1938 Madame Duguay et son mari ouvrent le premier Club d’achat coopératif de l’Île Lamèque, où la cuisine sert de magasin, et qui deviendra le magasin de la Société Coopérative de Lamèque. La somme de $17,50 fut recueillie parmi les membres pour effectuer le premier achat d’aliments de base, tel le saindoux, le sucre, le thé et la farine.

 

Ayant de la facilité pour regrouper les gens, elle donnera le coup de départ à la plupart des associations de son village, tantôt comme fondatrice, présidente, secrétaire ou membre active : Cercle d’études, Coopérative, Caisse populaire, Cercle des enseignants, Dames de l’Institut Féminin, Dames Auxiliaires de l’hôpital de Lamèque, Club de l’Âge d’or, etc… C’est à titre de secrétaire provisoire de la Caisse populaire de Lamèque qu’elle reçoit la charte d’incorporation en 1937. Madame Duguay siégea également sur le comité de surveillance de la caisse de 1953 à 1961.

 

Pendant une dizaine d’années, les lecteurs du journal L’Évangéline peuvent suivre les activités de l’Île grâce aux comptes rendus réguliers de Séraphie Duguay. De part son instruction et ses idées franches, elle est à maintes occasions appelée à définir le rôle de la femme dans le mouvement coopératif.

 

En 1962, elle devient d’elle la première femme à recevoir l’Ordre du mérite coopératif acadien.

 

Elle décède le 24 novembre 1986 à l’âge de 73 ans.

 

1 DUGUAY, Mme Eustache; « La première institutrice d’Allardville raconte ses impressions » dans Revue d’histoire de la

Société Historique Nicolas-Denys, Vol XXI, no 1-2, p. 35 et 36

 

Anne E. Bertrand, c.r.

Originaire d’une petite ville de la Péninsule acadienne, la cinquième d’une famille de huit enfants, Anne Elizabeth Bertrand fait ses études scolaires en français et poursuit ses études universitaires en anglais à l’Université du Nouveau-Brunswick dans les domaines des sciences et du droit. Elle témoignera plus tard que ses années formatives difficiles dans un coin principalement de culture anglaise serviront d’une inspiration (et de ténacité) de devenir parfaitement bilingue.

 

Maître Bertrand fait carrière d’avocate en pratique privée à Fredericton, à la tête de son propre cabinet juridique, tout en ayant une famille de deux enfants. Pendant les 25 ans à maîtriser le droit, elle oeuvre dans plusieurs domaines du droit, y compris le droit administratif, le droit pénal, le droit du travail et le litige civil, et par ce faire, elle accumule une expérience importante devant les tribunaux administratifs et les Cours à tous les niveaux, y compris comparer devant la Cour suprême du Canada à deux reprises.

 

À compter de l’an 1990, on fera appel à Maître Bertrand pour siéger à titre d'arbitre pour résoudre des conflits de relations de travail, et son expérience en arbitrage sera inscrite à divers tribunaux administratifs, soit à titre de Vice-présidente de la Commission du travail et de l’emploi du Nouveau- Brunswick, Commissaire à la Commission des relations de travail dans la fonction publique fédérale, Tiers indépendant pour Parcs Canada, et Arbitre sous le Code canadien du travail. Durant ce temps, Maître Bertrand est également demandée de siéger à titre de Présidente-déléguée à la Commission d’examen du Nouveau-Brunswick pour la révision des dossiers pénaux des personnes souffrant d’aliénation mentale.

 

En 1992, son mari, chef d’entreprise et géo-scientifique dans le domaine de l’environnement, lui demande de prendre en main la gérance de ses compagnies, et elle accepte d’assumer les tâches pour les prochains mois. Ce travail l’intéresse tellement qu’elle devient Chef de service de toutes les entreprises sous le parapluie d’ARC Geobac Group Inc., un rôle qu’elle occupera jusqu’en 2010. Parmi ses fonctions, elle gère la main d’oeuvre, les opérations administratives, et toutes les finances.

 

Malgré une vie remplie d’activités professionnelles, Maître Bertrand se réjouit de redonner à sa communauté en faisant du travail de bénévole. Parmi les plusieurs organismes à but non lucratifs et en droit auxquels elle donnera son énergie, Anne Bertrand deviendra membre du Conseil d’administration de Young Achievers, Vice-Présidente de Youth in Transition Fredericton Inc., Vice- Présidente nationale de la Fondation de la Police Montée, l’unique femme directeure de la toute nouvelle Corporation de développement du Grand Fredericton, Présidente du York-Sunbury Law

Society.

 

En 1996, Anne Bertrand devient la première femme Présidente du Conseil économique du Nouveau- Brunswick, un rôle qui lui présentera des défis intéressants pendant trois années bien remplies.

 

Isabelle Hudon

Depuis le 9 août 2010, Isabelle Hudon occupe le poste de Présidente de la Financière Sun Life, Québec; poste nouvellement créé pour lequel elle a, dès la constitution de ce dernier, été pressenti à cause de son leadership unique.

 

Reconnue sur la scène québécoise comme une femme d’affaires qui possède des habiletés de leadership exceptionnelles, Madame Hudon oeuvre depuis de nombreuses années dans des milieux où elle fait figure « d’outsider » : jeune femme parmi les « hommes d’affaires », non-ingénieure parmi les concepteurs du projet de l’Autoroute Bonaventure, non-diplômée parmi les universitaires de l’UQAM, représentante du milieu des affaires parmi les artistes et les promoteurs de la culture et, aujourd’hui, non-actuaire parmi les spécialistes des assurances et de la sécurité financière. Son cheminement de carrière en est un qui n’a rien de traditionnel. Marqué d’abord par son originalité et la diversité des secteurs d’activités où elle a fait sa marque. Il l’est ensuite par la constance de son engagement envers son milieu, son énergie et sa volonté à vouloir changer des choses.

 

De 2004 à 2008, Isabelle a été présidente et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain où elle a grandement contribué à imposer l’influence et la pertinence de l’organisme et a assumé un fort leadership lors de prises de position sur de nombreux dossiers socioéconomiques touchant le Grand Montréal, le Québec et le Canada. Elle est devenue la présidente de Marketel, importante agence de publicité de Montréal, en novembre 2008. Auparavant, elle a occupé des postes en communication à Bell Solutions globales, à l’Agence spatiale canadienne et à BCE Media, en plus d’avoir travaillé pour différents cabinets et ministères fédéraux.

 

Isabelle Hudon figure au palmarès 2005 des 40 Canadiens les plus performants de moins de 40 ans (Canada’s Top 40 under 40) et a été reconnue en 2006 parmi les 100 femmes les plus influentes du Canada (Canada’s Most Powerful Women : Top 100). En 2008, elle s’est vu remettre le prix hommage par la Société québécoise des professionnels en relations publiques (SQPRP).

 

Elle préside les conseils d’administration de l’Université du Québec à Montréal et du Collectif de festivals montréalais. Elle est également membre des conseils d’administration d’Aéroports de Montréal et de Holt Renfrew Canada. En juin 2009, elle a été nommée membre du conseil de l’Institut international du développement durable.

 

Louise Imbeault

On peut définir Louise Imbeault comme une femme d'action qui a su mener de front vie

professionnelle, communautaire et familiale.

 

À Radio-Canada depuis plus de 30 ans, elle compte à son actif plusieurs premières : première femme chef des nouvelles, première femme directrice de la télévision et première femme directrice de la radio, la télévision et l'internet. En 2007 elle devient directrice de Radio-Canada Acadie. Avec son équipe elle s'occupe de la production radio, télévision, internet pour tout le territoire de l'Atlantique qui compte une station, deux centres de production et onze bureaux journalistique. Être gestionnaire pour le diffuseur public en période de restructuration budgétaire est un défi qu'elle a su relever. Préserver la programmation régionale et augmenter malgré tout l’offre d'émissions originales demeurent ses objectifs sur toutes les plateformes du diffuseur public. Gérer Radio-Canada Acadie c'est gérer un budget de plus de 18 millions de dollars et quelques 220 employés.

 

En 2007 elle ajoutait des bulletins de nouvelles de fin de semaine à l'horaire de la télévision. Radio- Canada Acadie produit aussi l’émission hebdomadaire Luc et Luc. Cette émission est un reflet de la société, l'animateur rencontre les gens qui font l'actualité de leurs villes, villages et coin de pays.

 

Des partenariats ont été établis avec la communauté et sous son inspiration. Radio-Canada Acadie présente le Gala des Éloïzes consacré aux différentes formes d'art, les Fêtes du 15 août, la Francofête en Acadie. Finalement elle a développé des ententes avec différents producteurs indépendants qui ont donné des séries comme Petites vues de chez-nous, Trésors vivants, Pour l'amour du country, Marie-Hélène Allain et beaucoup d'autres.

 

Sur la scène internationale madame Imbeault, a collaboré à différents projets de coopération avec des télévisions publiques africaines. C’est ainsi que le projet de Passeport musique, une série internationale, a pu être développée en Atlantique. Des artistes africains sont venus enregistrer à Moncton et des artistes francophones de tout le pays sont allés tourner dans neuf pays d’Afrique plus Haïti.

 

Sa carrière ne se résume pas au poste qu'elle occupe présentement, elle a travaillé pendant plusieurs années comme chef des nouvelles, directrice de l'information, journaliste et animatrice en plus d'avoir été coordonnatrice à L'Image des femmes dans la programmation à Radio-Canada. Elle est membre de l'Union internationale des de la presse de langue française (UIPLF), de MATCH International depuis 1979. Elle a été présidente de la présidente de la Sous-commission de la femme de la Commission canadienne pour l'UNESCO (1988-92) et déléguée deux fois à la Conférence générale à Paris (1989 et1991).

 

Impliquée dans son milieu, elle est présentement présidente du conseil d'administration de la Fondation Sheila Hugh Mackay et elle est aussi vice-présidente au conseil d'administration du Musée du Nouveau-Brunswick. Elle a été membre du Conseil d'administration de la Caisse populaire l'Assomption, de la Fédération des caisses populaires acadienne, de la Chaire d'études coopératives de l'Université de Moncton et présidente de l'Office de Stabilisation.

 

En juin 2010 la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick lui décernait le Prix Albert Sormany qui souligne le dévouement et la contribution inestimable d’une personne à l’Acadie. Tout en menant une carrière bien remplie et une vie communautaire active, Louise Imbeault a élevé une famille de 4 enfants et a su leur inculquer le sens du développement communautaire. Elle est maintenant une grandmaman comblée.