Il y a un bel avenir pour la construction navale à Bas-Caraquet

Publié le : 1 août 2013

(Bas-Caraquet, 31 juillet 2013; 19h 22)  Le président du Centre naval du NB à Bas-Caraquet, Michel Beaudry ne tarissait pas d’éloges sur le niveau atteint par son organisation pour débroussailler l’ancienne usine Marine Caraquet construite il y a plus de 50 ans et en faire un point névralgique dans la construction de bateaux à Bas-Caraquet où cette industrie a connu de très belles heures d’activité… il y a longtemps.

En poste depuis quelques années seulement il a mis les bouchées doubles pour arriver à répondre aux attentes des entrepreneurs intéressés à s’installer chez nous pour construire des bateaux.

On peut déjà voir que l’extérieur et l’intérieur du plus grand édifice du complexe maritime sont en rénovation. Si l’extérieur n’a eu qu’un coup de peinture, bleu marine, l’intérieur a subit d’énorme modifications. D’abord on a isolé l’immense bâtisse pour réduire les coûts de chauffage qui s’élevaient jusqu’à 850$ par jour, une facture impossible à prendre en charge. Maintenant, avec une isolation à l’uréthane sur les murs et le plafond les employés pourront travailler confortablement en hiver. Puis le système d’éclairage est nouveau tout comme le système de gicleurs (sprinkler) tout est aux normes d’aujourd’hui.  Maintenant, il sera possible de louer des espaces à ceux qui veulent construire ou réparer des bateaux. Ce qui permettrait de créer des emplois nouveaux. Un locataire qui débutera bientôt la construction d’un bateau embaucherait 7 ou 8 personnes dès l’automne prochain.

À l’extérieur, au passage du représentant de l’écho sur le terrain on notait une activité rarement vue depuis plusieurs années. Depuis vingt ans, il y avait peu d’activité dans ce coin du parc industriel. Maintenant ce sont plusieurs bateaux qui sont là pour être réparés, améliorés ou simplement repeint.

Le président, ajoutait au passage qu’il a fait des démarches pour que le quai soit élargie à 42 pieds (il est actuellement de 29 pieds seulement) de façon à pouvoir accueillir de plus grand bateau et des plus larges. Par le fait même il faudra un nouveau ber cavalier (Travel lift) … que le ministre régional devrait annoncer cet automne… peut être en septembre ?


Les premiers propriétaires de l’usine seraient surpris de voir
ce qu’il advient de l’édifice qui a été trop longtemps inactif.

 
Michel Beaudry, président du Centre naval du NB est passionné par son travail à remettre
la construction et la réparation naval à la mode à Bas-Caraquet.


Le système d’éclairage est nouveau tout comme le système
de gicleurs (sprinkler) tout est aux normes 

 

Le ber cavalier de Bas-Caraquet connaîtrait ses dernières heures de travail
pour être éventuellement remplacé par un plus gros capable
d’assurer la mise à l’eau des bateaux à construire et réparer.


On dirait une toute nouvelle usine tellement le changement
de couleur est surprenant alors que le bleu marine remplace le bleu aqua délavé.

 

Le chargé de projet de Construction navale Atlantique, Claure Robitaille,
est optimiste que Bas-Caraquet retrouvera le dynamisme
que son centre de construction naval a déjà connu il y a plusieurs années.

Une époque charnière pour la pêche ?

« Depuis 40 ans on pêche avec des bateaux dessinés à partir des plans du début du siècle dernier» lançait, Claude Robitaille, lors d,une rencontre avec la presse dans les locaux du Centre naval du NB à Bas-Caraquet. Il chargé de projet de Construction navale Atlantique une entreprise qui projette de construire des bateaux polyvalents à Bas-Caraquet.

Il est un homme expérimenté qui sait ce qui se fait ailleurs et ce qu’il peut faire ici en profitant au maximum des éventuelles installations que le CNNB de Bas-Caraquet pourrait mettre à sa disposition.

Si Claude Robitaille parle d’époque charnière c’est qu’il affirme que la manière de faire des bateaux doit changer. Mieux encore, il prétend vouloir écouter les pêcheurs contrairement à ce qui s’est fait dans le passé où on aurait imposé des bateaux construits à l’ancienne alors que les pêcheurs eux-mêmes savaient bien qu’on était rendu beaucoup plus loin dans la manière de travailler mais les plans disponibles et la volonté politique du temps a faite qu’ils ont eux les bateaux qu’on leur offrait ou rien ! Les pêcheurs du temps se sont résolus à prendre ce qui était disponible mais ce n’est pas ce que Robitaille propose. Il veut écouter et adapter les prochains bateaux aux besoins du propriétaire-pêcheur. Si ce dernier préfère de la vitesse, de l’espace, de l’équipement électronique sophistiqué le constructeur de bateau pourra adapter la construction pour livrer à meilleur coût un bateau performant et efficace pour faire le travail et répondre au besoins du client.

Il semble qu’en Europe on est rendu à la 8e génération de bateaux de pêche… ici au Canada, nous en sommes à la 4e génération. On aurait du chemin à faire pour rattraper ce qui se fait ailleurs. Il en va de même dans la formation des pêcheurs. « L’École des pêches préfèrent produire des animateurs radio, déduisez-en ce qu’il faut en penser ! » ajoute avec déception Claude Robitaille en précisant, …« et vous pouvez me citer ! ».

Avec des bateaux de l’ordre de 350,000$ à 400,000$ il semble que Construction navale Atlantique pourrait s’installer à Bas-Caraquet pour un bon bout de temps et créer plusieurs emplois.

Avec une technique plus perfomante et moins dispendieuse, notamment pour faire les moules, il semble confiant que la demande sera là pour la pêche mais aussi pour soumissionner pour construire d’autres types de bateaux pour la garde-côtière entre autre.

Pour l’instant l’entreprise travaille sur une commande et négocie pour d’autres. Elle prévoit livrer son premier bateau de pêche le printemps prochain juste à temps pour la saison de pêche 2014. Pour l’instant, en travaillant avec des moule de 10 pieds par 10 pieds il serait possible de facilement dépasser la longueur habituel pour se rendre jusqu’à des bateaux de 90 pieds de long. « On veut faire des bateaux polyvalents acceptant la pêche avec des filets, la ligne ou des casiers avec le même bateau pour allonger la saison de pêche et permettre de rentabiliser les investissements des pêcheurs.» disait Robitaille en concluant « la pêche change et ne disparaîtra pas, elle sera différente». Finalement on peut dire que seuls ceux qui seront bien équipés pourront survivre.