« Démolir ne serait pas une erreur mais une faute grave ! » (Bernard Landry)

Publié le : 1 juin 2014

(Bas-Caraquet, 1er juin 2014; 15h10) Le comité de sauvegarde de l’église de Bas-Caraquet accueillait, aujourd’hui, Bernard Landry, ex-premier ministre du Québec très impliqué dans la protection du patrimoine, pour faire une courte conférence à l’église de Bas-Caraquet.

Un peu plus d’une centaine de personnes étaient présentes dans l’église toute illuminée naturellement par le soleil à travers les grands vitraux, et articifiellement par l’éclairage d’appoint dans l’église. Les membres du comité de sauvegarde de l’église avaient bien fait les choses… jusqu’au drapeau du Québec qui flottait fièrement à côté de celui de l’Acadie. Ce que ne manqua pas de noter le conférencier et de remercier les organisateurs pour ce « geste délicat ».


Bernard Landry est applaudi par la foule en présence de Lucie
LeBouthillier vice-présidente du comité.
À droite on note les photos des pionniers
qui ont construit l'église de Bas-Caraquet.

La maîtresse de cérémonie, Lucie LeBouthillier, également vice-présidente du comité, débutait en présentant le père Zoël Saulnier, venu spécialement de Tracadie-Sheila pour supporter l’événement. Ensuite, c’est le président du comité, Gilbert Blanchard, qui présentait le conférencier.

Bernard Landry résuma, au début, son ascendance acadienne, déclinant quelques anecdotes sur ses origines et ses nombreux contacts avec l’Acadie. Puis, il attaqua de front le but de son intervention à l’église de Bas-Caraquet. Rappelant plusieurs fois qu’il n’était pas venu dire aux acadiens comment faire ou quoi faire. Il rappelait que la démolition ne devrait pas être envisageable. « Ce ne serait pas une erreur que de démolir mais une faute grave » disait-il. Rappelant au comité qu’il devra trouver une vocation pour cet édifice mais que sa structure patrimoniale devrait être protégée.

L’historien Fidèle Thériault, qui avait contribué à établir un lien entre Bernard Landry et Bas-Caraquet, trouvait que l’architecte ayant participé à la construction de notre église était le même Dugas qui avait fait les plans et suivi la construction du presbytère de St-Jacques-de-L’Achigan, village natal de Bernard Landry. Il n’en fallait pas plus pour que tous reconnaissent que la diaspora acadienne est vraiment petite… et se rejoint partout au Nouveau-Brunswick, au Québec et ailleurs dans le monde. Bernard Landry recevait, en cadeau, une copie des plans du presbytère de son village ainsi qu’un livre sur l’histoire acadienne et un passeport de l’Acadie émit par la SNB. Le maire Agnès Doiron présentait les cadeaux au conférencier après l’avoir remercié pour son appui au comité de sauvegarde.

Le président du comité, Gilbert Blanchard, terminait la conférence en remerciant l’invité et en résumant qu’à ce jour c’est plus de 315 000 $ qui ont été amassés, surtout par des supporteurs extérieurs du village, souvent par des personnes qui ne sont jamais entrées dans l’église et l’ont seulement vue en photos. Une autre preuve de l’importance de sauvegarder l’église de Bas-Caraquet puisque des acadiens d’ailleurs ouvrent leurs portefeuilles pour donner des dizaines de milliers de dollars.

La campagne est à un tournant, après son démarrage il y a un peu plus de sept mois, après les derniers travaux de réparation du mur intérieur (façade) et surtout après les vérifications de la fondation de l’église qui semblent en bon état selon l’ingénieur venu à Bas-Caraquet cette semaine.

L’avenir est prometteur pour le comité qui continuera de chercher des appuis financiers, et Bernard Landry acceptait et promettait d’être un ardent ambassadeur auprès des acadiens du Québec. Ce qui faisait dire au conseiller municipal, Jean-Marie Gionet, si seulement 1$ de chacun des acadiens du Québec qui sont un million et demi…arrivait jusqu’à chez nous, on pourrait même aider les autres comités de sauvegarde… une allusion à la présence des représentants du comité de Ste-Marie-St-Raphaël dans l’église et ceux d’autres régions du Nouveau-Brunswick.

À la fin, la vice-présidente LeBouthillier rappelait que le dimanche 8 juin un souper-bénéfice au homard (20$) était organisé à l’Escale des Jeunes par le Club des 50 ans et plus de Bas-Caraquet, pour aider le comité de sauvegarde de l’église.


Les membres du comité de sauvegarde de l'église
autour du conférencier Bernard Landry.


Lucie LeBouthillier, maîtresse de cérémonie. 


Puiqu'il n'y a pas de curé présentement à Bas-Caraquet le comité
a eu la bonne idée d'inviter l'auteur de : Les mots d'un patriote
en Acadie, le père Zoël Saulnier de Tracadie-Sheila
a faire la prière au début de la conférence.


Bernard Landry disait que
« Ce ne serait pas une erreur que de démolir mais une faute grave »


Agnès Doiron, maire de Bas-Caraquet et Bernard Landry conférencier invité.


Pour l'occasion le comité avait hissé, devant l'église,
le drapeau du Québec avec celui de l'Acadie.
Un geste qu'appréciait grandement l'invité.